Odeurs sur la Moselotte : La Bresse Environnement demande une enquête élargie

Odeurs sur la Moselotte : La Bresse Environnement demande une enquête élargie

Publié le Jeudi 5 Février 2026

Face aux odeurs persistantes sur les rives de la Moselotte, l’association La Bresse Environnement publie un communiqué détaillé. Elle y réclame une enquête plus large, transparente et intégrant pleinement les enjeux de santé publique et de protection de l’eau potable.

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Les nuisances olfactives persistantes sur les rives de la Moselotte continuent d’alimenter les inquiétudes à La Bresse. Dans un communiqué, l’association La Bresse Environnement répond à la récente communication municipale et réclame un élargissement du champ d’investigation, au nom de la transparence et de la santé publique.

Une prise de parole pour clarifier la démarche 

Dans ce communiqué, La Bresse Environnement explique que sa prise de position publique du 25 janvier ne visait ni à revendiquer l’organisation d’une réunion municipale ni à en contester la date. « Notre démarche répond à une attente forte et durable de la population, confrontée depuis des mois à des nuisances récurrentes », écrit l’association. Elle évoque un manque de communication détaillée sur les résultats précis des investigations menées jusqu’ici.

L’association affirme vouloir alerter, questionner et obtenir des garanties sur l’ouverture réelle des investigations et sur l’accès aux données produites. 

Des études reconnues, mais jugées incomplètes 

La Bresse Environnement indique ne pas remettre en cause l’existence ni l’intérêt des études conduites en 2022 et 2024 par ATMO Grand Est, Osmanthe et SEMACO Environnement. Elle souligne toutefois que les résultats détaillés, les protocoles, les limites méthodologiques et les données brutes n’ont pas été intégralement portés à la connaissance du public.

Le communiqué précise que plusieurs composés détectés, notamment soufrés, hydrocarbures et solvants, restent sans lien causal clairement établi avec une source identifiée. Pour l’association, l’absence de pollution avérée dans certains compartiments, comme les eaux souterraines, ne suffit pas à écarter définitivement d’autres hypothèses.

Une hypothèse historique jugée trop dominante

L’association pointe un déséquilibre dans la communication institutionnelle autour de l’hypothèse d’une pollution historique des sols. Si cette piste est considérée comme recevable, La Bresse Environnement craint qu’elle ne prenne une place prépondérante au détriment d’autres explications possibles, comme des rejets contemporains diffus, des dysfonctionnements intermittents ou des effets cumulés encore insuffisamment explorés.

« Notre inquiétude porte sur le risque que cette hypothèse devienne un cadre explicatif privilégié avant même que l’ensemble des investigations complémentaires n’ait produit ses résultats », souligne le communiqué. 

Une contradiction scientifique mise en avant

Un point central est longuement développé par l’association. Les études concluent à l’absence de pollution avérée des eaux souterraines tout en avançant l’hypothèse d’une remobilisation actuelle de composés soufrés anciens se manifestant aujourd’hui dans la Moselotte. 

Selon La Bresse Environnement, ces deux affirmations sont difficilement conciliables. Si des composés soufrés anciens réapparaissent dans la rivière, cela impliquerait des mécanismes de transfert nécessitant des indices mesurables dans les eaux souterraines. L’association estime que cette incohérence justifie un élargissement des investigations et un réexamen des protocoles d’analyse.

L’absence de contrôles des activités actuelles dénoncée

Autre point majeur du communiqué, l’association affirme qu’aucun contrôle spécifique et systématique des entreprises actuellement en activité dans la vallée de la Moselotte n’a été engagé ou rendu public dans le cadre de cette problématique d’odeurs.

Pour La Bresse Environnement, l’hypothèse d’une pollution exclusivement historique repose implicitement sur l’idée que les activités contemporaines seraient exemptes de toute responsabilité, sans inspections ciblées ni contrôles approfondis. Cette situation est décrite comme un « angle mort majeur » dans la démarche d’investigation.

Une vigilance renforcée sur l’eau potable

Au-delà des nuisances olfactives, le communiqué insiste sur la protection de l’eau destinée à la consommation humaine. Le principal captage alimentant environ 80 % de la population de La Bresse se situe à proximité immédiate de la Moselotte, dans une zone où l’origine des pollutions suspectées n’est pas clairement identifiée. 

L’association rappelle que ce captage se trouve dans une zone de protection rapprochée et évoque la présence récurrente, depuis de nombreuses années, d’un parking temporaire d’environ 400 places exploité chaque saison hivernale. Dans ce contexte, elle estime que le principe de précaution impose d’intégrer explicitement la sécurité sanitaire de l’eau potable au champ des investigations.

Des demandes adressées aux autorités

La Bresse Environnement indique avoir adressé une lettre recommandée au préfet des Vosges et au directeur général de l’Agence régionale de santé. L’objectif affiché est la protection durable de la santé des habitants et de la ressource en eau.

L’association affirme qu’elle restera attentive à l’ouverture de toutes les hypothèses, à la publication complète et intelligible des résultats et à une association réelle des habitants et des associations aux démarches engagées. « La confiance ne se décrète pas », écrit-elle, appelant à plus de clarté et de traçabilité.

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